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L’outre-mer : une biodiversité remarquable

La richesse et la diversité des régions naturelles couvertes par l’outre-mer confèrent à la France une place unique au monde en matière de biodiversité.

L’outre-mer français se compose d’une palette très variée de territoires présents dans les deux hémisphères, dans trois océans (Atlantique, Pacifique, Indien), dans des régions bioclimatiques très contrastées (depuis les zones subarctiques à antarctiques, en passant par les zones tropicales et équatoriales)

Une biodiversité exceptionnelle, mais fragile

La diversité des écosystèmes, le nombre total d’espèces, et le nombre d’espèces endémiques, c’est-à-dire qui ne vivent que dans ces régions, sont très élevés. 10 % des récifs coralliens mondiaux sont ainsi situés dans les eaux françaises.

Quelques exemples…

  • La flore et la faune de Nouvelle-Calédonie représentent un endémisme équivalent à celui de toute l’Europe continentale (pour une taille équivalente à la région Picardie).
  • La Guyane française est un des plus grands blocs au monde de forêt humide primaire.
  • Mayotte possède une des rares doubles barrières de corail.
  • La Polynésie française regroupe un cinquième des atolls de la planète.

Le patrimoine naturel de la France est reconnu au niveau mondial et rassemble cinq des 34 régions les plus riches en biodiversité (« hot spots »).

Des exemples de mesures de conservation

La France et ses collectivités mettent en œuvre une panoplie croissante de mesures pour protéger ce patrimoine exceptionnel :

  • le parc naturel marin de Mayotte, le premier d’outre-mer, s’étend sur près de 70 000 km² (68 381 km² exactement) dont le lagon à double barrière de corail, qui compte près de 200 km de récifs coralliens
  • deux parcs naturels régionaux en Guyane et en Martinique
  • 45 réserves naturelles mises en place par l’État, les collectivités ou les gouvernements locaux (Grand-Cul de Sac Marin en Guadeloupe, presqu’île de la Caravelle en Martinique pour n’en citer que deux et, récemment, Terres australes, Grand Matoury en Guyane, îlot M’bouzi à Mayotte…) et plusieurs nouvelles réserves en projet
  • près de 10 000 ha de terrains intégrés au domaine du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres
  • des arrêtés de protection pour de nombreuses espèces de faune et de flore (tortues, coraux, oiseaux, plantes, mammifères, mollusques, et bien d’autres)
  • un Conservatoire botanique, le CBN de Mascarin, qui assure la connaissance et la conservation de la flore
  • la délimitation de 482 zones naturelles d’intérêt écologique, floristique et faunistique majeur dans ces territoires (en projet à Mayotte et Saint-Pierre et Miquelon).

Ce patrimoine naturel est cependant fragile. Les menaces de destruction des habitats naturels, de surexploitation, de pollution et de prolifération d’espèces invasives sont importantes. D’autant plus que ces facteurs risquent d’être encore aggravés dans les prochaines décennies par les effets probables des changements climatiques.

Afin de mieux répondre aux enjeux de conservation et de gestion durable de cet exceptionnel patrimoine naturel, l’État français a choisi, dans sa stratégie nationale pour la biodiversité, de travailler en partenariat avec les collectivités pour élaborer des plans d’actions définissant les actions prioritaires en faveur de la biodiversité dans chaque collectivité d’outre-mer. Ainsi des actions concrètes sont progressivement mises en œuvre autour de quatre axes principaux.

Conservation des espèces et des écosystèmes

  • Mise en place de plans de restauration d’espèces (tortues, cagous, dugongs…)
  • Réglementation des prélèvements et du commerce des espèces exploitées
  • Création de nouvelles aires protégées terrestres et marines
  • Création de conservatoires des espaces naturels

Mobilisation des acteurs

  • Sensibilisation de tous les acteurs de la société
  • Gestion participative intégrant les associations et les acteurs locaux

Intégration de la biodiversité dans les politiques sectorielles

  • Intégration de la biodiversité dans tous les programmes de développement (urbanisation, économie, transport, agriculture…)
  • Renforcement de la coopération internationale de proximité

Connaissance

  • Augmentation de la recherche scientifique sur le terrain
  • Création d’observatoires de la biodiversité, avec des indicateurs pour mesurer l’évolution de la biodiversité, et l’efficacité des mesures mises en œuvre.

Source : Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), www.uicn.fr