Le climat se mesure aussi sur l’île Amsterdam, dans le grand sud austral
L’Ile Amsterdam, située à 3 000 km au sud de La Réunion et administrée par la collectivité des Terres australes et antarctiques françaises, abrite une importante station de recherches sur la chimie atmosphérique. La base d’Amsterdam accueille en effet un poste d’observation de référence internationale pour le climat et permet de mieux comprendre le rôle de l’océan dans le changement climatique à l’échelle de la planète.
Cet observatoire est essentiel pour plusieurs raisons :
il constitue l’unique poste d’observation du CO2, l’un des principaux gaz à effet de serre, dans l’océan Indien. Situé sur l’une des îles les plus isolées au monde, il est éloigné de toutes activités humaines (donc de toutes contaminations locales ou régionales). Mis en place depuis 1981, il permet de disposer du suivi temporel des teneurs en CO2 de l’atmosphère parmi les plus longs de la planète ;
en outre, cet observatoire scientifique est situé au cœur d’une zone majeure d’absorption par l’océan du CO2 de la planète. Les mesures de CO2 qui y sont collectées sont mises à disposition et utilisées par la communauté internationale et par les experts du GIEC pour établir leurs scénarios des modifications futures du climat.
Yves Frenot, directeur scientifique de l’IPEV, souligne l’importance de ce site : « Les mesures atmosphériques obtenues à l’île d’Amsterdam - aérosols et gaz à effet de serre – sont aujourd’hui intégrées dans les banques de données internationales qui servent aux experts du GIEC pour valider les modèles climatiques globaux. »
Les îles australes françaises (Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam) accueillent, depuis plusieurs décennies, des chercheurs des plus grands laboratoires. Depuis 2004, sous la direction de l’IPEV et avec l’appui logistique des Taaf, plus de 900 scientifiques travaillant sur 60 programmes différents sont venus séjourner dans les Terres australes et antarctiques françaises pour étudier, notamment, l’impact des changements climatiques sur ces écosystèmes fragiles, et leur biodiversité.
« Les activités menées dans les TAAF, territoires exceptionnels pour la recherche scientifique, sont au cœur des préoccupations de la planète » précise le préfet, administrateur supérieur Rollon Mouchel-Blaisot. « La France est dans le peloton de tête des nations qui œuvrent sur ces sujets majeurs grâce à la continuité et la qualité de ses recherches et une action volontariste de protection d’une biodiversité unique au monde ».

Crédit photo : Taaf