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Transport et biodiversité : l’action des concessionnaires d’autoroutes

Dans le cadre du Grenelle Environnement, cinq sociétés concessionnaires autoroutières se sont engagées le 25 janvier 2010 dans un « verdissement » du réseau autouroutier français.

Les travaux seront réalisés pour :

  • préserver des zones hydrauliques sensibles,
  • protéger les riverains contre le bruit,
  • sauvegarder la biodiversité,
  • restaurer les aires de repos,
  • réduire les émissions polluantes.

Voici les engagements des cinq sociétés par rapport à la biodiversité :

ASF : Protection de la biodiversité (17 M€)

ASF se propose donc de réaliser un diagnostic sur cinq départements pilotes des points de conflit entre les continuités naturelles et les infrastructures autoroutières, et de réaliser des aménagements pour améliorer ou rétablir la « perméabilité » de l’autoroute là où ces traversées doivent et peuvent être favorisées.

L’autoroute A7 dans la traversée de la Drôme constituera ainsi l’un des sites pilotes. Les études associeront les services locaux de l’Etat et des collectivités territoriales, des associations de protection de l’environnement, des experts de l’écologie des paysages, des milieux naturels et de l’environnement. Cette phase d’études préalable durera environ un an.

Les travaux à réaliser pourront comporter la réalisation ou l’aménagement d’ouvrages traversant l’autoroute adaptés aux espèces visées, par exemple : éco-ponts de grande largeur multispécifiques permettant le passage aussi bien des reptiles que des chevreuils mais également des chauves-souris…, aménagement des ouvrages hydrauliques (loutres, vison…), en créant des petits ouvrages de transparence dans les remblais, batracoducs (amphibiens…) etc. La facilitation des déplacements le long de l’autoroute pourra également être traitée, par exemple via des aménagements de clôtures.

Les aménagements les plus importants pourront nécessiter des études d’impact et des procédures foncières et leur mise en service peut être envisagée d’ici 3 ans. Les travaux à réaliser comprendront des travaux de génie civil et des travaux de génie écologique.

Cofiroute : Protection de la biodiversité (2,1 M€)

Cofiroute réalisera les études de diagnostic permettant de sélectionner les sites où les actions doivent être favorisées. Ces études seront soumises aux DREAL (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) des régions concernées.

- Biodiversité remarquable : afin de préserver les habitats naturels remarquables présents dans les emprises, un plan de gestion spécifique sur une durée de 5 ans sera élaboré sur cinq sites répartis en Beauce, Sologne, Vallée de la Loire, Pays nantais et Perche. Les actions mises en œuvre feront l’objet d’une évaluation et d’un retour d’expérience.

- Biodiversité ordinaire : l’objectif est de favoriser la contribution des talus et autres emprises à la flore et à la micro-faune locale et ordinaire en lien avec les paysages extérieurs. Un diagnostic d’actions simples, ponctuelles mais nombreuses à mettre en oeuvre (fauche prédéterminée, retrait des plantes invasives, réaménagement des talus, reprofilage de mare, …) sera réalisé sur deux tronçons pilotes. Ces actions feront également l’objet d’une évaluation et d’un retour d’expérience. On aboutira ainsi sur chaque tronçon pilote à un travail de "couture écologique".

- Les rétablissements de la continuité écologique : à l’issue des études diagnostic, 10 sites où la petite faune pourrait bénéficier d’une amélioration de la transparence de l’infrastructure seront identifiés. Sur chaque site, un aménagement visant à restituer la continuité des couloirs de biodiversité sera réalisé. Après un diagnostic initial, les actions seront mises en oeuvre entre 2010 et 2012. Le retour d’expérience sera réalisé en 2012, en vue de prolonger ces réalisations sur d’autres sites

ESCOTA : Protection de la biodiversité (11 M€)

Les investissements en faveur de la biodiversité comprennent notamment la réalisation de deux passages grande faune destinés à rétablir la continuité territoriale permettant aux grands animaux de traverser sans danger, pour eux et pour les clients, le tracé de l’autoroute. L’un des deux passages, construit sur l’A57 entre Le Luc et Carnoules, dans la plaine des Maures qui est un site classé et très préservé, sera un ouvrage exceptionnel, puisqu’il aura une largeur au centre d’au moins 20 mètres et une portée de l’ordre de 50 mètres, pour un coût avoisinant les 5 millions d’euros. Le second sera construit pour traverser l’A8 entre Brignoles et Le Cannet des Maures, dans un vaste ensemble de maquis et de boisement. La réalisation de ces deux ouvrages fera appel à des entreprises de génie civil, et devra être précédée d’enquêtes permettant de pleinement valider les projets, notamment en y associant les collectivités locales concernées ainsi que les associations de protection de la nature et les sociétésde chasse. Cette concertation se déroulera entre mi-2010 et mi-2011, et les travaux seront en principe achevés début 2013.

SANEF - Protection de la biodiversité et développement du patrimoine arboré (4,5 M€)

Le groupe Sanef met en place différentes mesures de protection de la biodiversité et investit dans :

  • la réalisation d’un audit de la biodiversité sur ses dépendances vertes et d’études préliminaires à la création d’un Passage Animaux Sauvages (PAS) complémentaire sur le col de Saverne
  • les études et opérations de sensibilisation sur la protection de l’habitat de certaines espèces protégées situés le long de l’autoroute, tel que le grand Hamster sur A4
  • la mise en valeur et le développement du patrimoine arboré.

Enjeux environnementaux et patrimoine arboré Les dépendances vertes des autoroutes constituent bien souvent un milieu original, paradoxalement peu soumis aux influences humaines, et propice au développement d’une biodiversité ordinaire riche et représentative des milieux naturels des régions traversées. L’ « avenant vert »prévoit un recensement systématique des espèces présentant un intérêt patrimonial. Il permettra d’en apprécier la richesse et de dégager les meilleures pratiques pouvant favoriser la préservation et le développement de cette biodiversité.

Par ailleurs, le nouveau dispositif contractuel permettra d’améliorer les perspectives paysagères autour des réseaux. En effet, l’aménagement paysager des sections autoroutières anciennes a majoritairement été conçu sans réelles perspectives sur le long terme et vision de l’impact sur le milieu. Il s’agissait le plus souvent de peupliers et de boisements d’acacias. Ces structures végétales arrivent aujourd’hui à maturité. Leur remplacement s’accompagnera d’un effort particulier d’intégration paysagère et d’amélioration de la biodiversité. Ils seront ainsi remplacés par des essences locales, selon les spécificités biogéographiques de chaque région. Ces plantations seront faites dans le cadre d’un programme paysager, en concertation avec les collectivités locales et les riverains. En tout, ce sont près de 10 000 arbres qui devraient être plantés, constituant un véritable conservatoire des espèces arborés et renouvelant l’agrément visuel de nos clients.